Arrivée à Pékin

Le voyage s'est bien passé, avec un changement à Munich comme d'habitude. On prend l'avion pour Pékin à 19h15, il y a pas mal de chinois dans le vol. On va vers le soleil levant, donc la nuit passe assez vite,

et vers 2h du matin, heure française, on peut voir par les hublot les plaines de Mongolie dans le soleil levant...












Le temps de mettre les montres à l'heure chinoise, et on est déjà au-dessus des montagnes au Nord-Ouest de Pékin.

Après on arrive au-dessus de la grande plaine pékinoise, noyée dans le brouillard (le smog?). On atterrit à peu près à l'heure prévue, vers 12h30 (donc 5h30 pour nous).




A peine débarqués, on décide de changer un peu d'argent. MaiZhen se dirige donc vers un comptoir de "bank of china", et là, un homme qui se tient à côté du guichet lui explique tranquillement qu'il vend des devises étrangères à des aspirants émigrés clandestins, et qu'il peut donc lui échanger ses euros à un bon taux! Non seulement MaiZhen accepte, mais elle demande à la guichetière de la banque de vérifier que les billets sont vrais, et celle-ci ne semble pas particulièrement étonnée...

Le temps d'acheter les tickets, et on attend le bus qui fait la navette entre l'aéroport et Pékin. A l'aéroport il n'y avait pas mal d'occidentaux (dont bien sûr un certain nombre de français), dans le bus c'est autre chose, il y en a peut-être 1 ou 2 autres, et le bus est bien rempli. Il y a une petite heure de trajet dans la banlieue pékinoise, au début le paysage est surtout constitué d'un canal, d'arbres et d'autres routes, et puis petit à petit des immeubles et des usines apparaissent, et on commence à longer des zones résidentielles avec des rangées de grands immeubles identiques.

Finalement lorsque le bus s'arrête pour la première fois on est arrivés dans ce qui ressemble bien à un bout de centre-ville, avec des énormes immeubles de bureaux (en l'occurence un bâtiment tout en courbes, haut et massif) côtoyant des bâtiments d'architecture chinoise traditionnelle (un ou deux étages, colonnes rouges, toits-dragons, statues de lions à l'entrée...

Nous on descend au terminus, donc je ne fais pas trop attention au trajet qui de toute façon semble suivre toujours la même rue gigantesque, en largeur comme en longueur. Sur la route, pas mal de grosses voitures de marque côtoient les minibus et les voitures-tricycles; peu de vélos, et ceux qui roulent sont sur le côté, sur une voie réservée (sauf un suicidaire qui roule au milieu des voitures).

Au bout d'un moment je remarque qu'on longe depuis quelques temps le même mur rouge vif, et puis MaiZhen s'écrie "oh, Tiananmen!" Eh oui, on est sur l'axe routier qui longe la cité interdite et Tiananmen et qui s'étend en ligne droite sur quelques dizaines de kilomètres.


Encore quelques feux rouges et c'est notre arrêt. Là, plein de gens se ruent sur nous et nous proposent plein de choses que je ne comprends heureusement pas.

MaiZhen avait préalablement fait des recherches et réservé un hôtel par internet, mais quand l'un des démarcheurs lui explique que l'hôtel qu'elle a trouvé est encore loin, et que lui est chargé par un hôtel qui se trouve à côté de ramener des clients, contre 10% de ce qu'il leur fait gagner, MaiZhen décide de le suivre. Il y a en fait une dizaine de minutes de marche - c'est juste un peu pénible pour moi qui, rappelons-le, ne comprend rien et suit suit sans avoir la moindre idée de là où on va... -, mais c'est finalement une bonne affaire dans un hôtel très classe.

MaiZhen va voir la chambre proposée, négocie le prix et le p'tit déj offert, et, le temps de s'installer et de faire un brin de toilette, et on repart faire les touristes.

D'abord on va faire un tour dans les environs, deux gros buildings-centres commerciaux bordent l'hôtel, en jetant un coup d'oeil à une affiche MaiZhen m'annonce qu'il y a un restaurant de fondue pékinoise au 6ème étage. Comme on ne trouve pas d'autres endroits où manger on finit par y aller : le 6ème étage de l'immeuble est en fait entièrement dédié aux restos, avec plein de petites boutiques où on peut acheter plusieurs spécialités. Nous on va directement vers le restaurant de fondue, c'est une grande salle pour le moment assez vide, une serveuse nous demande "la de, bu la de?" et MaiZhen répond "Yi ge la de, yi ge bu la de", je comprends ce que ça veut dire (-piquante ou pas? -une piquante, une pas piquante) et je suis très content. Une fois qu'on a nos bols à fondue allumés on va chercher les choses à mettre dedans, c'est un grand buffet à volonté de viandes, légumes, tofus... froids, plus quelques plats préparés, on en profite bien, quand on en a fini il est 16h et quelques, soit bientôt 9h du matin en France, le séjour commence plutôt bien.

Après c'est de nouveau la grande rue, direction Tiananmen, alors que le soir commence à tomber. Il y a quand même un bon quart d'heure de marche, il fait bien frisquet, au début on voit bien que si le ciel n'est pas bleu c'est surtout à cause du nuage de pollution (mes poumons le remarquent aussi d'ailleurs)







Et puis, le temps d'arriver à l'entrée principale de la Cité Interdite, la nuit est tout à fait tombée.

Bon, on prend quelques photos avec les jolies lumières et puis on rentre hein.
Sur le chemin du retour on décide qu'il fait trop froid pour aller à la Grande Muraille et que c'est mieux d'aller d'abord voir la famille. On achète donc dans une boutique les billets de train pour le lendemain 16h30, on appelle la famille et on rentre dormir. Il est à-peu-près 20h et je sombre dans un profond sommeil pendant que MaiZhen, en pleine forme (ou presque), va acheter des provisions pour les 21h de train.







Le lendemain, on arrive à se réveiller vers 8h (bon, en fait je n'arrive plus à dormir depuis 3 ou 4h du matin). Le petit déjeuner de l'hôtel est simple mais consistant : des germes de légumes, des oeufs durs, de la boisson au soja ou au haricot rouges, et je fais connaissance avec le pain chinois : une boule de mie blanche.

Après on revient à Tiananmen, et cette fois c'est sur la place qu'on va. Comme prévu c'est très grand, que ce soit la place ou les bâtiments autour (parlement, musée du peuple...),


il y a beaucoup de soldats, et pas mal de monde en général, surtout des touristes chinois


qui vont faire la queue devant le tombeau de Mao.














Comme Mamido nous avait dit que le Temple du Ciel valait le déplacement, on décide d'y aller : on se dirige donc vers le Sud de la place, derrière le tombeau.


Ca nous amène à Qianmen, où il ne reste que deux grandes portes des anciens remparts de Pékin.
























Ensuite direction TianTan. Sur le plan c'était facile, il suffisait de prendre l'avenue au Sud de Qianmen, heureusement MaiZhen a la bonne idée de demander et on lui conseille de prendre le bus. Effectivement le trajet en bus ne dure qu'une station mais ça met dix bonnes minutes, ça nous aurait facilement pris une heure de faire ça à pied...

Par contre ce qui est bien, c'est qu'on abandonne un moment les buildings à la démesure stalinienne pour trouver un Pékin plus sympathique (le Pékin en voie de démolition...), avec des quartiers traditionnels cachés derrière de hauts murs et des ruelles qui les relient (grâce au guide du routard je dis fièrement "hutong!")

Aux abords du Temple du Ciel c'est nettement plus calme, on croise un vieil homme qui fait voler plein de petits cerfs-volants alignés sur un même long fil, on achète des patates douces chaudes à un marchand qui s'est posé là avec sa charrette-grill, et on passe la première porte du jardin du temple.



On apprécie le calme du jardin plein d'arbres centenaires dans le matin hivernal.

















Dès qu'on arrive au niveau de l'axe du ciel (la grande chaussée qui relie les trois temple du Nord au Sud) ça devient plus animé, avec quelques occidentaux, y compris bien sûr pas mal de français.

Ceci dit c'est quand même très beau.
















Grâce à ma traductrice personnelle je comprends tout ce que disent les guides qui parlent à côté.

































Quand on passe à côté de la boutique où on peut prendre des photos en habits royaux de la dyniastie Qing, MaiZhen ne peut pas résister.























Du coup on a plus beaucoup de temps pour s'amuser avec le mur des échos, une enceinte circulaire dans laquelle, quand on parle face au mur, quelqu'un qui est placé à l'autre bout peut entendre ce qu'on dit. Bien sûr c'est plein de chinois qui crient "tu entends là? tu entends là?" sans discontinuer. On fait la queue pour prendre la photo d'usage sur la colonne du ciel,

et on rentre à l'hôtel récupérer les valises, manger et aller à la gare.

Le train

La gare c'est Pékin-Ouest, c'est encore un de ces bâtiments géants sauf que les toits sont de style traditionnel (en tuiles-dragons). Avant d'entrer il faut faire passer tous les sacs au scanner et passer sous le détecteur de métaux, comme dans les avions. Ensuite on va directement à la salle d'"attente rapide" où on peut accéder aux trains en priorité pour une dizaine de yuans (1euro). Je ne vois pas exactement l'intérêt vu que nos places sont déjà réservées, mais MaiZhen semble penser que c'est mieux...

Notre wagon est (heureusement) un wagon-couchette, on va passer 21h là-dedans donc autant être bien installés. Ce sont des petits compartiments sans portes avec 2 piles de 3 couchettes qui se font face (enfin, compartiments, disons plutôt que chaque paquet de couchettes est séparé des autres par une cloison), nous on est dans celles du milieu. Au début je regarde un peu le paysage (la banlieue pékinoise quoi), et puis la nuit tombe donc on dort un peu, on lit un peu, on mange un peu...

Les tickets ont été contrôlés avant la montée dans le train, mais ce n'est pas fini : les contrôleurs prennent le ticket et le remplacent par un autre, et ils les échangent à nouveau avant le dernier arrêt, je n'ai pas très bien compris le but de la manoeuvre... à part que ça doit vraiment être mission impossible de resquiller, il y a deux ou trois contrôleurs par wagon et ils font des rondes régulièrement. Il n'y a pas que des contrôleurs, il y a aussi les gens qui amènent de l'eau chaude, et des marchands de bonbons et d'autres trucs qui passent régulièrement en criant. Jusqu'à l'heure du coucher il y a aussi de la musique qui est diffusée, ça alterne entre musique traditionnelle et variété, des fois le mélange est un peu indigeste mais on finit par dormir.

Le lendemain on se réveille au milieu des champs, on est dans la province de Henan : c'est apparemment un peu le "grenier de la Chine".
On a été plein sud depuis Pékin et on a déjà traversé Hebei. Après Henan on arrivera à Hubei, et ce ne sera plus très loin jusqu'à la ville de MaiZhen, mais ça prend quand même un petit moment. Ce n'est pas que les distances soient si énormes (enfin si, aussi, mais pas seulement) : le train n'avance déjà pas super vite, mais il doit aussi s'arrêter de temps en temps sur des voies secondaires pour croiser un autre train ou... se laisser dépasser par un train plus rapide! Vu que ça arrive quand même régulièrement, et que l'arrêt dure en général entre 1/2h et une heure, on éprouve vite une sensation d'ennui assez profonde.
Et puis petit à petit le paysage devient plus montagneux, on arrive à Hubei, et au bout de quelques heures c'est Wudang Shan, l'avant-dernier arrêt.
On arrive finalement à ShiYan avec quelques heures de retard, mais ça fait quand même plaisir!
A la sortie on est attendus par le frère (rere) et la belle-soeur (saozi) (MaiZhen me suggère sournoisement de lui faire la bise, effet garanti : effroi puis fou rire).
Pas le temps de trainer, on est attendus pour manger et il est déjà presque 15h. On se dirige vers la sortie, où c'est la cohue : pour sortir des gares il faut encore présenter son ticket, préalablement rendu par les contrôleurs, et il n'y a que deux gardes qui font ce travail pour toute la gare. Même ceux qui sont venus nous chercher ont dû prendre une sorte de "ticket de visite" pour pouvoir entrer!
On finit quand même par s'en sortir, et on prend un taxi direction la maison.

ShiYan, premiers jours

ShiYan c'est pas Pékin : le taxi passe au milieu de barres d'immeubles dans le plus pur style HLM, qui semblent avoir atterri par erreur au milieu des montagnes. La plupart des bâtiments sont couverts de publicité sur au moins un étage (je sais rarement de quoi il s'agit mais je comprends au moins ça).
Près de Tianamnen ça allait encore, mais là la route c'est la jungle, les piétons qui traversent le font au péril de leurs vies, les feux rouges et les passages pour piétons semblent être surtout là pour la décoration.

Au bout d'un moment on arrive sur une route en travaux, c'est le chemin qui mène jusqu'à chez MaiZhen qui est en rénovation, pour le moment c'est assez sportif de passer par là, pendant quelques kilomètres on passe une ou deux vallées en alternant les passages sur la terre aplatie et sur le bitume plein de trous.La ville bétonnée est derrière, là c'est plutôt des maisons de paysans, il faut dire que les montagnes sont un peu trop étroites pour construire autre chose que des petits bâtiments de temps en temps. On croise plusieurs vélos ou motos transportant de gros chargement de bois, de ballots divers... ainsi que de nombreux camions de terre qui participent aux travaux.

On finit quand même par tourner pour arriver dans un quartier plus populeux, d'ailleurs c'est apparemment le marché partout, les gens vendent leurs légumes au bord de la route. Les légumes viennent de la rivière qui court tout le long de la route : là où la rive n'est pas bétonnée ou complètement transformée en décharge, des petits potagers improvisés sont apparus (je dis improvisé parce que d'après MaiZhen c'est théoriquement interdit de faire pousser des légumes n'importe où). Je ne l'avais pas remarqué jusqu'à ce moment, mais au détour d'une barre de bâtiments la rivière s'élargit, et on voit que la berge est devenue une multitude de petits champs au milieu desquels passe une eau d'une couleur peu engageante.

Bon, après avoir traversé encore une petite rue encombrée on finit par arriver à destination dans la cour d'un ensemble d'immeubles. La bonne demi-heure de taxi a coûté 20 yuans et quelques, soit à peine 2 euros... La maman de MaiZhen est dehors pour nous accueillir, le papa sort aussi, on nous fait rentrer, l'appartement est au rez-de-chaussée, il y a d'autres gens à l'intérieur, dont un cousin qui parle anglais et qui tient beaucoup à me parler, et le petit neveu YangYang qui trouve que je suis très beau, je lui dis que lui aussi il est très beau.
Après que MaiZhen ait retrouvé ses parents et que tout le monde ait épuisé mon vocabulaire de chinois (tu as froid? tu as faim? c'est fatiguant le voyage? c'est la France ou la Chine le plus joli pays? etc.), on finit par se mettre à table.

C'est une fondue, donc il y a un grand plat électrique spécial au milieu de la table, on met de l'eau dedans et ça la fait bouillir, quand c'est assez chaud on met plein d'ingrédients qui sont autour de la table. Après chacun se sert, sauf moi car tout le monde me sert avant que je puisse protester (enfin MaiZhen aussi se fait largement servir quand même). Quand je vois ça je me dis que ça devrait être poli de servir aussi au moins papa, maman et YangYang (et puis MaiZhen me le dit aussi), tout le monde est très content.

Après le repas tout le monde repart travailler, l'après-midi se passe avec MaiZhen qui parle avec sa maman, montre des photos... Si j'ai bien compris, pour nous ils ont acheté un nouveau canapé dans le salon et un lit dans la chambre de MaiZhen, donc bien qu'un peu crevé je tiens jusqu'au repas du soir. La douche ce n'est pas possible maintenant, car l'entreprise qui fournit l'eau à tout le quartier ne donne de l'eau chaude qu'entre 19h et 22h30. Le soir c'est re-fondue, avec d'autres gens qui viennent nous voir. On a mangé pas mal de fondues durant le séjour, apparemment normalement il n'y a que pendant la fête du printemps qu'on mange autant!

Le soir tout le monde se couche assez tôt, d'une part on est assez fatigués et d'autre part un cousin habite chez eux et dort dans le salon, et il vaut mieux bien dormir quand on travaille à l'usine 12h par jour presque 7jours/7...

La nuit c'est assez calme, sauf qu'on entend bien quand les passants se raclent la gorge pour cracher, un passe-temps national on dirait. Il y a aussi une usine d'assemblage de cabines de camions pas très loin, et on entend bien quand il y en a une qui est terminée...
Le matin, dehors il y a de la musique, je croyais que c'était le réveil de la ville, en fait c'est l'appel des usines : quand la musique s'arrête, c'est une amende ponctionnée sur le salaire des retardataires!

Ce jour-là la première mission c'est d'aller ouvrir un compte en banque et changer nos euros, après le petit-déjeuner (des pâtes chinoises et des baozi, des boules de pain fourrées comme des raviolis, achetés à côté pour 1yuan pièce) on part pour le centre-ville.

L'arrêt de bus est juste en face de l'entrée des immeubles, sur une petite place. Il y a encore des légumes qui poussent en bas des immeubles, il y aussi de billards installés en bas d'une entrée, à d'autres endroits des gens jouent au mahjong...

Je fais connaissance avec les bus de ShiYan. Les bus de Pékin étaient très modernes, bien propres, avec des télés diffusant des clips musicaux... Ici des fois il y a aussi une télé, par contre on ne peut pas dire qu'ils soient très modernes, ce ne sont pas des épaves roulantes mais par contre ce sont des vieux bus très poussiéreux, avec des vieux sièges en plastique, des poignées déglinguées... J'en ai vu qui roulaient avec la carosserie arrière complètement déchiquetée!
On est au terminus donc on trouve facilement de la place, mais ça se remplit bien vite et au bout de quelques arrêts les nouveaux arrivants ont du mal à rentrer. Bien sûr il y a pas mal de gens qui me regardent.

On reprend en sens inverse le chemin de la veille, mais au milieu du trajet on s'arrête car il faut changer. Cette fois c'est un minibus, il y en a beaucoup qui passent mais il faut avoir un peu de chance : il n'y a pas d'arrêt fixe donc il faut les héler, ils sont tous en concurrence, et s'ils voient que les clients sont trop loin, trop lents à monter ou trop peu nombreux ils passent leur chemin pour arriver plus vite!

Cette fois c'est direction le centre-ville. J'ai retenu trois étapes bien distinctes : la route en travaux, qui relie la banlieue de chez MaiZhen à la ville de ShiYan; après, une route qui fait une longue courbe en passant entre des immeubles presque adossés à la montagne, et la rivière qui s'est ici bien élargie, avec sur la rive en face des usines et des bâtiments d'entreprise, y compris la centrale électrique qui produit le courant de la ville; et enfin on commence à arriver au centre-ville, l'hypercentre étant la place du peuple où se trouvent également les plus grands magasins de la ville.



Là on passe sans s'arrêter, la banque qu'on cherche est encore loin. Les trottoirs sont larges, il y a de l'animation, surtout des vendeurs ambulants avec leurs charrettes et des gens qui jouent au badminton ou à d'autres jeux.

La conduite c'est toujours autant n'importe quoi : le chauffeur accélère à fond, vire brusquement, freine d'un coup sec pour prendre des passagers... La plupart des autres véhicules font de même, les taxis se faufilent sans aucune précaution, du coup tout le monde est habitué et fait très attention à ce qui se passe autour, ce qui fait qu'il n'y a pas autant d'accidents qu'il devrait. Quand ça ne passe pas, ça ne casse pas forcément! Bon, c'est en général hein, régulièrement ça casse quand même... Mais en ce qui nous concerne on n'a pas de problème, et au bout d'un moment on finit par arriver.

En sortant du bus je me rappelle que mes poumons ne sont pas habitués à l'atmosphère ambiante : au début c'est un peu comme si on se tenait en permanence derrière un camion au démarrage. J'arrive tant bien que mal à suivre jusqu'à la banque, manque de bol contrairement à ce qu'on pensait ce n'est pas ouvert le samedi matin et on rentre bredouilles. 45 minutes de cahots d'aller + 45 minutes retour et un bon décrassage de poumons, voilà de quoi bien commencer la journée!


L'après-midi on y retourne, cette fois c'est direct à la place du peuple, on va voir quelques magasins, on visite deux restaurants pour le mariage chinois de la semaine suivante, puis on va dans le magasin "best shoot photo", c'est le magasin de photos de mariage : c'était réservé depuis plusieurs mois grâce aux copines, mais il faut prévoir pas mal de détails, et la journée de photos c'est le lendemain! On en a pour une petite heure, quand on sort il est déjà 19h et il fait bien nuit.
Ensuite c'est restaurant (encore fondue) avec le frère et la belle-soeur qui nous ont rejoint au magasin, 100 yuans (à-peu-près 10 euros) pour 5 personnes dans un restaurant plutôt chic. Ca a l'air pas trop cher pour nous, mais le salaire mensuel moyen en Chine est autour de 1000 yuans...

Pour le retour il est trop tard pour les bus, donc on prend encore un minibus, qui nous laisse (une petite demi-heure après...) à l'entrée du quartier de MaiZhen, et là on prend un taxi un peu spécial : c'est une mobylette à trois roues, avec un grand siège à l'arrière, protégé du froid par des panneaux de bois qui servent de mur et de toit (normalement c'est interdit paraît-il), ça a l'air assez vieux, ça ne va pas très vite et c'est tout brinquebalant, et les phares sont aléatoires; d'ailleurs elles ne peuvent desservir que le quartier, sous peine de forte amende.

Au moment du coucher, j'ai donc déjà eu un bon aperçu de la vie quotidienne à ShiYan.

LES PHOTOS!

Le lendemain est un journée de la plus haute importance : c'est le jour des photos.

Il faut se lever tôt, car on a prévu d'y être vers 9h. En fait on arrive plutôt vers 9h45.

Le magasin de photos de mariage c'est :

- une grande boutique à deux pas de la Place du Peuple, avec

au rez-de-chaussée une dizaine de petites tables rondes avec des chaises recouvertes de tissu rouge vif, sur le côté le coin maquillage, un peu plus loin deux petites pièces avec des vêtements et des cabines d'essayage, et au fond un grand comptoir où on peut payer;

à l'étage, encore deux grandes salles de réserves de vêtements, et les deux studios où on prend les photos

- un (ou plusieurs?? je n'en ai vu qu'un) photographe

- l'équipe du photographe

- une armée de maquilleuses - hôtesses d'accueil, qui s'assurent que rien ne manque aux clients (en plus de maquiller, choisir les vêtements, ouvrir la porte aux nouveaux arrivants, guider les couples entre cabines d'essayage et studios...)

Alors d'abord MaiZhen passe au maquillage, essaie des robes... Moi je reste assis à une table, on me montre des albums-exemples à examiner pour me faire une idée de ce qui m'attend. Sauf que je les avais déjà tous regardés la veille pendant les négociations en chinois. Ce sont de beaux albums avec de grosses couvertures en carton, il y a beaucoup de rose et de kitsh dedans, avec des magnifiques poèmes en anglais comme "dans l'océan de tes yeux je vois notre vie mon amour car nous nous aimerons toujours", bourrés de fautes de frappe.

J'ai de la chance car je suis étranger, de temps en temps il y a des gens qui viennent essayer de me parler, quand j'arrive à dire quelquechose tout le monde rigole. Les autres maris s'ennuient ferme, tournent en rond, commencent à fumer mais c'est interdit...
Finalement vers 11h, je suis moi aussi habillé et maquillé, et on va prendre les premières photos en haut.
Les séances de photos c'est comme un shooting à Hong-Kong, avec plein de gens qui nous montrent ce qu'il faut faire, où est-ce qu'il faut regarder, et le photographe qui ne peut pas prendre de photos sans dire "piaoliang, piaoliang" ("magnifique, magnifique). Au début MaiZhen doit un peu traduire, mais on reconnait assez vite des expressions comme "fermer les yeux", "mains dans les poches"...

A 13h le repas est fourni, du riz et un peu de plats dans des petites boites en plastique, avec du jus d'orange. Pour MaiZhen c'est interdit de manger à cause du super-rouge à lèvre, tant pis pour elle, moi j'ai faim. (bon je lui en donne un peu en douce, mais vraiment un peu).
Au cours de la journée on change encore de costume, de maquillage, le photographe et son équipe nous emmènent dans une autre partie de la ville pour prendre des photos dans un autre décor, un appart flambant neuf, après on rentre et on change encore de costume, et puis au bout d'un moment comme ça (vers 16h) le reste de la famille arrive.
En effet, le prix comprend aussi des photos tirées sur deux grands tableaux, mais pas question qu'on les ramène de Chine : MaiZhen a négocié pour pouvoir faire des photos avec toute la famille, qui pourront être affichés dans la maison familiale.
Enfin vers 18 ou 19h, on s'est changés 4 ou 5 fois, on avait encore droit à quelques costumes, mais MaiZhen en a marre donc on abrège, reste encore une bonne heure pour choisir les photos qu'on garde, celles qu'on jette, celles qu'on met sur l'album et sur les tableaux...
Le résultat n'arrive qu'une semaine et demie plus tard, mais inutile de faire durer le suspense :


Le tableau qui trône maintenant au-dessus du canapé :

de gauche à droite : en haut : frérot, belle-soeur, MaiZhen, moi, cousin; en bas : papa, YangYang (neveu), maman






Si c'est pas romantique tout ça...

Plus traditionnel : Le tableau qui est maintenant dans l'escalier de la maison du frère :

Et voilà, pas facile de convaincre tout le monde d'enfiler les costumes d'époque! (dynastie Qing paraît-il)









Après on rentre vite à la maison, ça prend quand même un petit moment, on mange et puis on dort car on est fatigués!

Avant le mariage

La semaine suivante, il y a pas mal de choses à faire : on a un mariage à préparer. On va donc à peu près tous les jours en ville, en utilisant toujours les différents moyens de transports dont j'ai précédemment traité.

Ensuite il y a différentes destinations. Des fois on va dans le plus grand magasin de la ville, où, par chance, une des meilleures copines de MaiZhen est la chef de l'étage "vêtements hommes". Heureusement d'ailleurs, car les vêtements sont principalement des importations d'Europe, de marques inconnues pour nous mais ayant développé tout leur marché en Asie (exemples : 'Babei', "Montagut Paris"...), et le prix est bien excessif, même par rapport aux prix européens... De toute façon il n'y a pas grand-chose qui nous intéresse, mais vu que si on achète rien là ça risque de vexer la copine en question, on est quand même contents de pouvoir les avoir à moitié-prix.

Sinon c'est plutôt les petits magasins où on peut trouver des vêtements pas très chers, des galeries marchandes avec plein de camelote vendue quasiment rien, des magasins spécial fête où on prend tous les accessoires pour le mariage : peluches à jeter aux enfants, tubes lance-confettis (des tantes s'occupent des petits sachets de bonbons et des jolies cigarettes à offrir aux invités).
Dans plusieurs magasins, quand on présente le bon d'achat, on a des petits cadeaux. Dans les grands magasin d'alimentation, c'est rigolo, il n'y a qu'une étroite sortie et il y a deux gardes qui jettent un coup d'oeil à tous les sacs et qui tamponnent (d'une étoile rouge) le bon d'achat.

C'est l'occasion de faire connaissance avec tous les marchands qui vendent des trucs à manger à chaque coin de rue : il y a les tanhulu, des petites prunes rouges acides montées sur une brochette et recouvertes de sucre caramélisé; les traditions se perdant, des fois sur la brochette il y a aussi des bananes, des noix, du sésame, ou encore d'autres choses. Et puis, plus familier, on trouve pas mal de marchands de noisettes grillées, de brochettes de viande...

Il faut aussi rencontrer le présentateur du mariage, au début je suis indigné, et puis je finis par comprendre qu'en Chine il n'y a pas de mariage sans présentateur pour faire l'animation, préparer les discours, présenter les invités... Au début le papa de MaiZhen veut qu'on prenne le présentateur du mariage du frère car il trouve qu'il est très bien, hélas il est depuis bien plus connu et il n'est pas trop libre...
Je visionne aussi les vidéos du mariage du frère, des tantes, des copines... Il y aura à-peu-près 80 invités à notre mariage, c'est très peu : à ceux que j'ai vu, il y en a entre 200 et 300. Il faut dire quand même que, même si beaucoup de gens de la famille font le déplacement, normalement il y a aussi la famille et les amis du mari, et puis les chefs et les collègues.

On n'a pas toujours un emploi du temps surchargé, ça laisse du temps pour découvrir les environs. En effet ShiYan ça veut dire "les dix gorges", car il y a quelques dizaines d'années encore il y avait un fleuve à la place de la majorité de la ville, et c'est un dispositif de digues et de barrages qui fait de la place; et la première digue est à une dizaine de minutes de marche de chez MaiZhen.





Derrière c'est pas mal, même si il paraît que le niveau de l'eau est moins haut qu'avant...

Un peu plus loin, c'est le système de barrage, qui lâche un peu d'eau dans le fleuve de la ville quand il le faut.


C'est le petit cousin qui me fait visiter.
















Il m'emmène jusqu'à une tour qui sert de repère, plus loin le chemin est dangereux paraît-il. Je l'ai appris plus tard bien sûr, il ne parle pas trop anglais et mon chinois est loin d'être assez développé pour comprendre ça. On communique quand même à-peu-près, à coups de gestes et de "come on", "piaoliang"...



Depuis la digue il y a une bonne vue sur le quartier : chez MaiZhen c'est dans un des immeubles, au premier plan c'est ce qui reste du village de paysans, la partie multicolore c'est une usine, des dizaines de cabines de camions! Le centre-ville, c'est (assez loin) à-peu-près en face mais plusieurs vallées plus loin.

Les toits des maisons de paysans chinoises sont très particuliers, ce sont des toits-dragons comme dans les grands monuments historiques, mais fabriqués avec des briques tout-à-fait banales! L'effet est des plus heureux.

En revenant vers la maison on voit bien que même loin des axes principaux, le fleuve est plein de bouts de potager, et que même ici les berges sont jonchées de détritus.


L'immeuble de MaiZhen est le premier sur la droite, et l'immeuble où vit la famille de son frère est le premier sur la gauche... Cela facilite les visites quotidiennes.


Toute cette semaine on continue à manger chez les uns et chez les autres. Où qu'on aille il y a profusion de plats, surtout pour moi : la première fois qu'on va chez le frère, la belle-soeur m'offre plein de petits gâteaux, en plus du repas qui est bien copieux; renseignements pris, c'est parce qu'elle a peur que sinon je ne veuille pas revenir chez elle!


La veille du mariage, les deux soeurs de la maman de MaiZhen arrivent. Elles viennent de la province de Hebei juste au Sud de Pékin, il ya une vingtaine d'heures de train. Au début je n'avais pas compris, mais ça fait environ dix ans que ces deux familles ne s'étaient pas vues, la dernière fois c'était pour le mariage du frère! Et encore, elles restent quelques jours à la maison (les trois soeurs dans la chambre parentale, le cousin et le papa dans le salon), il y a plusieurs personnes qui font un trajet équivalent mais ne resteront que le temps du repas de mariage...

LE MARIAGE

Et puis finalement le grand jour arrive. On se lève tôt pour retourner au magasin de mariage, afin de se faire maquiller, coiffer... et de prendre les robes de mariage. En attendant que madame soit belle, le petit cousin se propose de m'emmener faire un footing dans le parc du peuple, mais on n'arrive pas assez tôt pour pouvoir rentrer gratuitement; à la place, j'ai donc droit au spectacle de la gym matinale des employés du magasin, tous ensemble sur le perron, en musique (qui remplace pour un moment, dans les hauts-parleurs, les tubes d'amour internationaux, soit les dix (ou vingt) chansons de variété sirupeuse qui tournent toujours en boucle depuis la première fois qu'on a mis les pieds dans la salle)



Munis d'une coiffure de star et d'un sac de robes, on retourne ensuite à la maison, il y a de l'animation : meilleures amies, tantes et cousins sont là, on se prépare tranquillement... autant qu'il est possible.


Là c'est une tante maternelle et une meilleure copine (celle qui est chef dans le magasin)


Le marié, la mère de la mariée, les deux soeurs de cette dernière, la mariée.

Costume et cravate appartiennent au mari de la meilleure copine, ils ont été utilisés une seule fois, lors de leur mariage.




A force de prendre des photos ça finit par être l'heure.

Normalement le futur marié va chez sa future femme, annonce son arrivée par une salve de pétards, puis sonne à la porte d'entrée; là la famille lui refuse l'entrée, et il doit faire passer sous la porte des enveloppes rouges contenant des billets de 10 yuans, jusqu'à ce que la porte s'ouvre; ensuite il va vers la chambre de sa promise, où celle-ci et ses meilleures amies sont enfermées. Pour pouvoir entrer il doit se soumettre à diverses épreuves, comme clamer son amour, faire la liste des travaux ménagers qu'il effectuera, supplier qu'on le laisse entrer, chanter une chanson d'amour... suivant le sadisme de ces dames. Pour faire vraiment traditionnel il faut aussi apporter une dot à la famille de la femme, sous forme de sacs de riz, de poisson...


Pour moi c'est un peu plus simple. Vu que je suis là depuis le début, inutile que j'arrive en voiture; avant le départ, tout le monde va chercher et décorer les voitures, donc pas la peine de soudoyer qui que ce soit pour entrer; enfin, comme je parle pas trop chinois, on me fait grâce des négociations pour chercher la mariée. Du coup, on attend dans le salon, et puis tout d'un coup on entend les pétards qui éclatent dehors alors on y va.




Le restaurant c'est au premier étage d'un grand hôtel, c'est tout l'étage d'un grand bâtiment qui est consacré à la restauration, avec une grande salle principale et après plein de salles plus petites, pour des dîners d'affaires ou ... des mariages (ou autres). Nous on a réservé deux salles, une assez grande (dix tables) et une petite.

Comme il fait froid à l'entrée de l'hôtel (et puis qu'un autre couple est déjà sur place, c'est pas classe...) on va directement devant la salle des
invités pour accueillir les gens. On est arrivés pas très tôt et il y a déjà quelques personnes à l'intérieur, en attendant que le repas arrive des bonbons ont été préalablement disposés sur les tables.





Pendant une demie-heure ou une heure on accueille les invités à la porte, il faut que tout le monde ou presque soit arrivé.

Il faut des témoins, pour MaiZhen c'est sa copine, et pour moi c'est le petit cousin.




YangYang est désigné volontaire pour distribuer les cigarettes.

Les invités, quand à eux, donnent des petites enveloppes rouges contenant des sous en cadeau de mariage.

Les deux meilleures copines de MaiZhen sont là pour nous aider à accueillir tous les gens,

ainsi que les cousins-cousines (à gauche et à droite), leur mère (au centre),
les maris des copines... (oui, à droite et à gauche)

Plusieurs enfants font la queue pour se faire prendre en photo avec les mariés, déjà que les mariages ne doivent pas être tellement fréquents, alors les mariages avec des étrangers...






Après avoir accueilli personnellement la plupart des invités, il est temps d'assurer le spectacle. Finalement heureusement qu'il y a un présentateur, car il y a tout un rituel : beaucoup de discours pour remercier les gens d'être venus, nommer les personnes présentes (enfin je crois hein, en fait j'en sais rien, il aurait pu dire "regardez cet étranger, comme il a l'air stupide", ça n'aurait rien changé pour moi).


Il faut s'incliner,
et plusieurs fois même : devant les invités, devant le papa, la maman...Le présentateur a peur que je ne comprenne pas quand il faut se baisser et se relever donc il m'appuie sur le dos pour que je sois bien sûr.

Normalement il y a des politesses entre les parents des deux mariés aussi, mais bon là voilà.

Bien sûr l'échange des alliances est une étape importante,

mais il faut aussi faire des discours. Moi j'avais mémorisé un petit texte disant à-peu-près "je m'appelle Philémon, je suis français, je suis très content de venir à ShiYan, merci à tous d'être venus à notre mariage", que j'ai récité sans faire de fautes.

On m'épargne les petits jeux comme "yeux bandés, reconnais la main de ta femme entre celle de trois jeunes filles", par contre il y a un moment où je dois appeler le père de la mariée "beau-père" par trois noms anciens, heureusement je suis un bon élève et j'avais bien tout appris!

Il y aussi l'incontournable verre de vin bu avec les bras mêlés (en fait de vin c'est du shweppes avec du vinaigre, il faut garder des forces pour trinquer avec tout le monde après!)


On notera au passage la vue magnifique sur la rue principale de ShiYan, et le signe "xi" (joie) en papier accroché à la vitre. C'est le même signe qu'on retrouve sur les voitures décorées, sur les portes de l'appartement et de la chambre de MaiZhen... En temps normal c'est plutôt le signe "fu" (bonheur) qu'on voit dans toutes les maisons.

Une fois les peluches et le bouquet de mariée lancés, on va (sous les confettis) dans une petite salle annexe pour changer de robe, puis on va manger un peu dans la salle séparée, accompagnés par les proches.



Cette fois c'est une robe chinoise traditionnelle.
Le repas est le même pour toutes les tables, c'est le repas de restaurant traditionnel chinois avec beaucoup de plats sur un plateau tournant, chacun a son bol de riz et prend ce qui l'intéresse au passage. Là c'est pas n'importe quoi, il y a du coq, des raviolis, des racines de lotus très bien préparées... 14 plats différents en tout. Il faut porter des toasts aux gens qui nous ont aidé à préparer le mariage, et dans l'ordre en plus.

Au bout d'un petit moment on retourne dans la pièce principale : il faut saluer tous les invités, et trinquer avec tout le monde. Pour la première table on trinque avec l'alcool de riz chinois bien fort (mais des tous petits verres, hein), mais après on passe au shweppes... Enfin tout le monde a l'air très content du repas, de la fête, et les gens ne me trouvent pas trop moche, donc ça va. Après on retourne finir de manger, pendant que quelques familles commencent déjà à partir (en particulier pour cause de long trajet, ou de reprise du travail dans l'après-midi, bien que ce soit un samedi)


Personne n'a le coeur de dire aux enfants de rester à table, alors ils jouent avec les confettis.


Vers la fin du repas, deux vieux oncles, dont l'un est un petit peu... éméché, me font comprendre qu'ils m'aiment bien, qu'ils trouvent ça très bien que la Chine et la France soient deux pays très amis, et ils me font trinquer pendant un bon moment,

à la grande joie des spectateurs.

Vers 15h tout est terminé, on rentre à la maison où l'après-midi se finit tranquillement à discuter avec la famille qui est restée, tout en mangeant des graines de tournesol et en entamant les restes de bonbons.

C'est pas tous les jours qu'on est coiffée comme une reine, alors on prend encore quelques photos avant la douche.




Une journée riche en émotions!

La fin du séjour à ShiYan

Le lendemain, je participe à un autre genre de cérémonie. Vers 10h du matin, on se réunit avec quelques cousins près du cimetière, à-peu-près de l'autre côté de la ville, pour une cérémonie funéraire.

Le cimetière c'est un parc coincé entre deux petites montagnes, au fond il y a un bâtiment où sont regroupées toutes les urnes. On passe devant l'employé qui est à l'entrée du bâtiment, qui reste près de son radiateur car il fait assez froid et il n'y a pas de porte à l'entrée.

On va chercher deux urnes : un oncle qui est mort il y a presque dix ans, et un autre, qui a disparu seulement trois semaines avant notre arrivée. On accompagne le fils et la fille du premier, et la fille et le beau-fils du second.
On débarasse un peu les fioles d'alcool de riz qui accompagnent les urnes (pas de commentaire sur les grappes de raisin en plastique...), et on les emmène sur le lieu de la cérémonie.

C'est un petit bâtiment tout en longueur, qui contient une série de petites alcoves alignées : on place les urnes dans des alcoves l'une à côté de l'autre et on dispose devant elles des pommes, des mandarines... et une fiole de whisky qu'on avait ramenée pour l'occasion.

Ensuite on fait des petits feux sur le sol en face des urnes : on brûle d'abord des feuilles de papier qui représentent des sous pour les morts; quand les flammes deviennent un peu conséquentes, chacun dit une petite oraison, s'incline trois fois, puis allume quelques bâtonnets d'encens dans le feu et les plante dans un pot placé devant l'urne, pour chacun des oncles.

On continue un moment à brûler du papier, à faire des prières, on débouche le whisky et on en verse un peu sur les feux, on allume des cigarettes pour les partager avec les morts... Quand les feux s'essouflent on range les emballages qu'on a laissés, on remballe les fruits, et on ramène les urnes à leur place. Avant de partir, chacun dit encore une petite oraison et s'incline devant les urnes rangées. En repartant on mange les fruits qu'on avait donnés en offrande.

L'après-midi s'écoule calmement, il reste encore beaucoup de bonbons et de graines de tournesol, ainsi que des plats qu'on a ramenés du restaurant de mariage, et comme il y a encore de la famille à la maison l'ambiance est assez détendue.
Le lendemain c'est noël, il n'y a pas de fête traditionnelle bien sûr, par contre comme d'habitude les marchands ont flairé la bonne occasion et les grands magasins du centre-ville sont ouverts jusqu'à minuit.

La famille de MaiZhen pense que je dois être très triste de ne pas avoir de fête pour noël, donc ils m'emmènent au restaurant. Cette fois c'est un petit restaurant du quartier, on mange sur une grande table ronde dans une petite pièce, on est huit ou neuf, et comme souvent il y a à manger pour vingt. Ceci dit, les petites boîtes en plastique pour emporter les restes sont offertes par la maison (c'est la règle en général)
Ensuite MaiZhen m'emmène faire un tour au centre-ville, et effectivement noël a beaucoup de succès en Chine, il y a une foule compacte partout, dans la rue comme dans les magasins.



On essaie d'aller rendre visite à la copine qui travaille dans le grand magasin, pas facile d'arriver jusqu'à son bureau!
Au passage MaiZhen me traduit quelques commentaires de chinois étonnés, comme "tiens, un étranger qui a oublié de rentrer chez lui pour noël!"

C'est vrai que même en temps normal ils n'ont pas trop l'occasion de voir des occidentaux. Bien que l'usine qui a permi à la ville de se développer soit une usine Citroën, je n'ai pas vu un seul étranger depuis que je suis arrivé à ShiYan! Cela a occasionné quelques rencontres amusantes, comme une dame âgée rencontrée dans une banque, qui était toute contente de pouvoir pratiquer le français qu'elle apprenait en autodidacte (et qu'elle parlait pas trop mal d'ailleurs), un groupe d'enfants assis dans un magasin, qui, à mon arrivée, se sont tous levés d'un bloc et m'ont montré du doigt en disant "étranger, étranger!", une dame dans la rue qui a crié la même chose dès qu'elle m'a vu, et n'a arrêté qu'après être loin...

Ensuite, à force de manger plein de trucs très bons et très gras, j'ai eu une bonne indigestion qui m'a cloué au lit trois jours.

Du coup, pas le temps de monter à Wudang Shan, la montagne de kung-fu locale (on a bien failli, mais vu que tout le monde avait peur qu'on soit trop fatigués, qu'on ait trop froid, et qu'on avait encore quelques affaires à régler en ville, on a abandonné...).

A la place, on a fini le séjour à ShiYan par une balade en famille au parc du peuple!

mm, tanhulu!



Dans le parc il y a de la place pour faire de la gymnastique le matin, il y a des statues d'animaux,
et puis il y a pas mal de manèges, qui étaient flambants neufs quand MaiZhen était enfant...





















Il y a beaucoup de manèges qui combinent plusieurs activités : un petit train qui tourne autour de quelques statues d'animaux, il y a un pistolet en plastique à côté du siège et il faut viser les animaux; ou alors un manège qui tourne autour d'un bassin, et qui fait aussi pêche aux canards...

Des fois on voit aussi des rails sur des piliers qui passent haut au-dessus du sol; dessus il y a des petits wagons qui passent très lentement pour profiter de la vue panoramique.


Il y a aussi un petit zoo, c'est un peu plus triste. Les chinois sont très excités de voir un pauvre ours se balader dans un enclos en béton de quelques mètres carrés, et semblent penser qu'il doit être très content de manger les tas de cacahuètes et de pelures d'orange que les visiteurs s'amusent à lui lancer.


Il y a aussi des paons en cage, un tigre qui s'ennuie à mourir dans son enclos (et qui doit en avoir marre de voir tout le monde crier "groaa, groaa" à chaque fois qu'ils arrivent devant lui), des chameaux...
et des singes, dans un enclos toujours plein d'immondices (on en a vu un qui essayait d'ouvrir une bouteille de coca!)

Bon, à part ça on est quand même contents de faire la petite balade, qui se termine par une victoire écrasante de YangYang face à un camarade, pour l'ascension d'un château gonflable.
Il y a même une mini-grande muraille, des faux temples et une fausse montagne!


Ensuite retour en ville pour finir de régler tout ce qu'il nous reste à faire!

Après on reste tranquilles à la maison, MaiZhen veut bien profiter des derniers moments en famille, moi je regarde la télé (une centaine de chaînes, présentes dans la plupart des foyers chinois - en tout cas tous ceux que j'ai visités -, toutes contrôlées par le gouvernement... Il y en a même une spéciale pour les jeux olympiques! Toute la propagande qui a lieu autour des jeux donne d'ailleurs un peu la nausée...)

Le retour

Le jour du départ tout le monde est un peu triste, on mange ensemble puis tout le monde s'en va, il ne reste que la maman de MaiZhen et sa voisine. C'est quelqu'un qui nous emmène en voiture, mais il y a un petit problème de timing, donc quand on s'en va c'est un peu tard, on passe vite au magasin du papa pour peser les valises, puis on se dépêche d'aller à la gare. Ca roule bien donc on est bien à l'heure, et là, surprise (pour moi en tout cas), beaucoup de gens de la famille sont venus dire au revoir, les adieux sont déchirants.


Mais on est grands, donc on a pas pleuré!

Le voyage se déroule sans surprises, les 21h prévues passent... pas très vite, et soudain on est arrivés.







A Pékin on se met en mode "touristes".






La Cité Interdite ferme honteusement tôt, on essaie de se rattraper sur le baisser du drapeau à Tiananmen.

Le lendemain c'est la grande muraille, parce que quand même on est en Chine quoi.






On a de la chance, car il fait bien beau à Pékin; mais il fait quand même frisquet là-haut.


Le soir on mange les derniers tanhulu (bon, trois à moi tout seul),

les derniers baozi,




et puis on rentre se coucher.

On a été à l'hôtel qu'on avait pris à l'aller, car il est bien et en plus il est près de l'arrêt de la navette de l'aéroport. Du coup le lendemain, c'est facile d'y aller et on est tout-à-fait à l'heure pour l'avion.

Cette fois il y a surtout des étrangers dans le vol, et le changement se fait à Francfort. Et voilà!

Bilan

Bilan :

- Délocaliser = employer des gens 12h par jour, tous les jours de la semaine, de jour comme de nuit (avec une journée de pause quand on change d'horaires, attention), pour environ 200 euros par mois, que demande le peuple?

- Les chinois sont des gens très sympathiques, en général très accueillants et plutôt curieux envers les étrangers.

- La nourriture chinoise c'est très bon, mais addictif et souvent gras, surveiller l'état de son estomac.

- Aller en Chine c'est bien! Y aller sans interprète, en revanche, c'est plutôt une mauvaise idée...


Etonnant, non?